Editorial 
lundi, avril 10, 2006, 12:15 AM
Depuis quelques mois la question sociale n'a cessé de s'amplifier et ce sous de multiples formes :

* La poursuite de l'annonce des plans sociaux et son corollaire de suppression d'emplois,

* la question du « ghetto social » avec l'explosion qui s'en est suivie dans les banlieues, et qui a conduit les dirigeants à tomber dans le délire post-colonial en décrétant l'état d'urgence,

* et enfin cette lamentable affaire du CPE qui, pour l'anecdote, ne peut que rappeler de bons souvenirs à la plupart d'entre nous puisque : la raideur des bottes du premier ministre, nous avons déjà connu cela en 1995.



Au-delà de ces caractéristiques le constat est posé :

la question sociale est plus que jamais d'actualité, quelles que soient les formes d'expression utilisées.

Pour certains notre République serait devenue daltonienne. Sûrement un peu court puisque nombre d'observateurs et commentateurs ne parleraient plus guère du modèle républicain si notre organisation syndicale n'avait pas fait l'effort pédagogique de remettre le concept républicain au centre de l'échiquier politique, notamment à l'occasion du référendum sur le projet de constitution européenne.

Comme nous l'indiquons dans tous nos communiqués, tout est lié : emploi, salaires, protection sociale.

Bien évidemment sur ce dernier point il y aurait beaucoup à dire ! On peut constater aujourd'hui qu'en matière de Sécurité sociale il est impératif de se prémunir d'une « x »ième réforme qui, un jour, pourrait nous faire basculer vers un système concurrentiel rêvé par les plus fervents libéraux des compagnies d'assurances. En matière de retraites rien n'est réglé, et d'ici 2008 des échéances importantes auront lieu. Chaque organisation devra se positionner très clairement sur ce dossier.

Les salaires restent une revendication prioritaire pour l'ensemble des militants FORCE OUVRIERE. Mais au-delà de l'adhésion à cette revendication d'une grande majorité des salariés (plus des 2/3 d'après les enquêtes d'opinion) la mobilisation sur ce terrain reste à préparer et à construire. Cela doit se faire si possible avec le plus grand nombre d'organisations. C'est la condition pour réussir des journées de mobilisation.

A ce sujet la mobilisation du 2 février dernier par les fédérations de fonctionnaires s'est heurtée à des problèmes de communication gouvernementale, qui a su diviser la plupart des salariés par l'annonce de signature d'avenants autour de cette question.

Avec l'annonce quasi-simultanée du :

• 7 février, manifestation interprofessionnelle contre le CPE, ceci n'a fait que compliquer notre tâche sur le terrain.

Néanmoins en ce qui concerne l'union départementale de l'Isère, nous avons depuis le début de ce mouvement pris toute notre part dans la bataille, ce qui nous a valu :

* le 14 février d'aller manifester aux côtés des étudiants et lycéens.

F.O. Isère s'est investi depuis quelques temps déjà auprès de jeunes et a noué des contacts entre F.O. jeunes et les représentants étudiants et lycéens.

Les autres manifestations se sont enchaînées :

* 7 mars appel de FO à une grève générale interprofessionnelle,

* 16 mars les étudiants et lycéens ont réservé aux militants FO un accueil chaleureux, ce qui nous a valu de défiler ensemble dans une ambiance extraordinaire, ou les slogans des jeunes et de notre organisation se rejoignaient pour réclamer le retrait du CPE.

Aujourd'hui, à l'issue de l'énorme mobilisation du 18 mars, les organisations de jeunes attendent du mouvement syndical le «coup de main» décisif qui permettra d'obtenir ce que tout le monde recherche, c'est-à-dire le retrait du CPE et du CNE.

Si le gouvernement persiste à refuser d'entendre cette revendication, le moyen d'y répondre ne peut être, au-delà d'une nouvelle mobilisation, que l'appel à une grève générale interprofessionnelle, où chaque organisation devra montrer à la jeunesse sa détermination réelle dans ce conflit.

Dans toutes ces manifestations les camarades de F.O. Isère, que ce soit à Grenoble, Vienne ou Bourgoin, se sont impliqués, se sont fortement mobilisés, grossissant les rangs de FO beaucoup plus que ce que avions connu jusqu'à présent. C'est un signe encourageant pour l'avenir de F.O. en Isère.

Nous avons tenu notre place mais nous n'avons tenu QUE notre place, car il reste encore beaucoup à faire dans notre départe-ment.

Le 23 mars, le 28 mars, le 4 avril, de nouvelles mobilisations, avec comme support des arrêts massifs de travail, devraient nous permettre d'enclencher une dynamique pour faire reculer le gouvernement et imposer un véritable dialogue social, notamment entre les interlocuteurs concernés par ces problématiques d'emploi et formation, c'est-à-dire le patronat et les syndicats. Si le Premier ministre persiste son CPE pourrait bien se transformer en codicille"' pour poète énervé.

' nos camarades du notariat connaissent bien ce terme : il s'agit en fait d'un document qu'on annexe à son testament.

Jean-Pierre GILQUIN, Secrétaire général.

[ ajout commentaire ]   |  Lien permanent  |   ( 3 / 292 )